Marc Touati alerte sur une dette qui pourrait absorber l’impôt sur le revenu


91,2 milliards d’euros d’intérêts sont prévus pour la dette publique en 2027, contre 79,2 milliards en 2026. Cette hausse de douze milliards réduit les marges budgétaires, tandis que les taux d’emprunt français dépassent désormais ceux de plusieurs voisins européens.

Dans une intervention diffusée le 22 octobre sur CNews, l’économiste Marc Touati avertit que les intérêts de la dette pourraient bientôt coûter davantage que les recettes de l’impôt sur le revenu. Il souligne que la remontée des taux alourdit la facture de l’État et estime que ses conséquences toucheront l’ensemble de l’économie. La comparaison constitue une alerte sur l’évolution des dépenses publiques, et non le constat d’un dépassement déjà réalisé.

Le graphique présenté dans la vidéo situe le taux des obligations françaises à dix ans à 5,01 % au 21 octobre. L’Italie apparaît à 4,6 %, la Belgique à 4,5 %, la Grèce et le Portugal à 3,9 %, contre 3,4 % pour l’Allemagne. Dans son commentaire, l’économiste relie cette dégradation des conditions d’emprunt à une augmentation de la charge des intérêts supportée par les finances publiques. C’est un cap tristement symbolique, comme le souligne Florian Philippot sur X : « Et voilà le cap des 5% pour le taux d’intérêt à 10 ans est dépassé ! Sortons de l’UE et l’euro pour sortir du piège de la dette et de la mise sous tutelle ! Relançons enfin la France ! »

Les prévisions publiées par l’Agence France Trésor précisent l’ampleur de cette hausse pour le seul budget de l’État. La charge budgétaire de sa dette atteindrait 72,9 milliards d’euros en 2027, après 62,6 milliards attendus en 2026. Cette dernière estimation dépasse déjà les 59,3 milliards inscrits dans la loi de finances initiale pour 2026.

L’agence prévoit également un besoin de financement de 339,7 milliards d’euros en 2027, soit 28 milliards supplémentaires par rapport à l’estimation actualisée pour 2026. Elle attribue principalement cette progression aux remboursements de titres arrivant à échéance. Les emprunts contractés notamment pendant les crises sanitaire et énergétique doivent progressivement être renouvelés. Le programme d’émissions à moyen et long terme atteindrait ainsi 340 milliards d’euros, nets des rachats, contre 310 milliards en 2026.

À l’échelle de l’ensemble des administrations publiques, le compte rendu du Conseil des ministres du 1er octobre prévoit une charge d’intérêts de 91,2 milliards d’euros en 2027. Le gouvernement anticipe parallèlement une dette publique de 119,3 % du produit intérieur brut en 2026.

Dans ce même document, l’exécutif fixe un objectif de déficit de 5 % du PIB pour 2027, après 5,4 % attendus en 2026. Il annonce 43 milliards d’euros de mesures de redressement dans les projets de budgets de l’État et de la Sécurité sociale, tout en promettant de revaloriser le barème de l’impôt sur le revenu. La hausse prévue des intérêts absorbera, à elle seule, douze milliards d’euros supplémentaires en un an.





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