Le 25 octobre 2026, Aïcha Dahdouh a publié un communiqué qui change la donne. La psychiatre, épouse de Kamel Daoud, se déclare innocente des accusations de divulgation de secret médical liées au roman Houris. Elle affirme n’avoir ni divulgué de dossier ni trahi sa patiente Saâda Arbane. Le tribunal d’Oran doit rendre son délibéré le 27 octobre. Pourtant elle ne pourra pas s’y rendre. Le retentissement des positions de son mari et une situation familiale déjà douloureuse l’en empêchent selon elle.
Elle écrit clairement que « la voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne ». Sur l’Algérie, l’islam et la Palestine, elle ne partage pas ses prises de position. Plus profondément encore, elle souligne que ce qui les sépare est le regard porté sur la douleur d’autrui. Ce texte marque une rupture publique nette. Depuis le Goncourt 2024, le couple était présenté comme un bloc. Aujourd’hui la psychiatre se place seule face à la justice algérienne et rappelle qu’elle a toujours respecté le secret médical.
Aïcha Dahdouh, Kamel Daoud et la racaille germanopratine
L’affaire a commencé en 2024, on l’a longuement analysé ici-même. Saâda Arbane, rescapée d’une tentative d’égorgement pendant la décennie noire, a accusé Daoud d’avoir utilisé des éléments de son histoire sans consentement. Elle avait été suivie par Aïcha Dahdouh. Des plaintes ont été déposées à Oran pour violation du secret médical et atteinte à la loi sur la réconciliation nationale. En avril 2026, Kamel Daoud a été condamné par contumace à trois ans de prison ferme pour avoir évoqué la guerre civile dans son roman. Il vit en France et fait l’objet d’une interdiction de séjour en Algérie. Le livre reste interdit là-bas.
À ce stade, le Prix Goncourt se retrouve au centre d’un contentieux qui dépasse la littérature. Les défenseurs habituels du milieu germanopratin ont déjà du mal à tenir une ligne claire. Une épouse qui se dissocie publiquement, un auteur condamné dans son pays d’origine et une victime qui réclame justice compliquent toute défense durable. Le verdict du 27 octobre à Oran risque d’ajouter une couche judiciaire supplémentaire.
Aïcha Dahdouh dit se tenir à la disposition de la justice avec ses avocats. Elle refuse que d’autres parlent en son nom. L’affaire Houris n’est plus seulement un débat littéraire, elle est celui d’un couple détruit par les mensonges. Elle est devenue un face-à-face judiciaire et personnel dont les conséquences dépassent largement le prix littéraire. Affaire à suivre…

Communique du 25 octobre sur X
Je suis innocente.
Par le Dr Aïcha Dahdouh, médecin psychiatre PARIS, le 25 octobre 2026Le 27 octobre 2026, le tribunal d’Oran rendra son délibéré dans la procédure engagée contre moi pour des allégations de divulgation du secret médical et vol de dossier médical, dans le cadre du roman « Houris » de #KamelDaoud, prix Goncourt 2024.
Je parle en mon nom, comme médecin, avec humilité et responsabilité.
L’Algérie porte des traumatismes générationnels encore ouverts. Les personnes vulnérables doivent pouvoir se confier à un psychiatre sans crainte. Par ma défense, je souhaite aussi préserver la confiance dans mon métier : l’enjeu dépasse ma personne. Le secret médical est l’un des fondements de l’éthique médicale, et je lui ai toujours été fidèle. Je suis innocente. Je n’ai pas divulgué le secret médical. Je n’ai pas volé de dossier. Le médecin n’est pas le propriétaire du dossier : il en est le dépositaire, pour la personne soignée, sous le sceau du secret. Si une condamnation devait être prononcée, je la contesterai.
Mon souhait était de me présenter devant la justice de mon pays. C’était le seul cadre juridique possible pour ma défense, et le seul où le secret médical pouvait être respecté.
Je n’ai pas pu me rendre en Algérie. Le retentissement des positions de Kamel Daoud et une situation familiale déjà douloureuse m’en ont empêchée, tout comme mon devoir de protection en tant que mère, de responsabilité en tant que médecin et d’intégrité en tant qu’Algérienne.
Cette procédure m’empêche déjà d’exercer un droit et d’accomplir un devoir essentiels : accompagner mon père en fin de vie et lui faire mes adieux, pour que son âme repose en paix. En Algérie, être auprès des siens jusqu’au dernier souffle est un devoir sacré que nous transmettent nos aînés.
Je respecte la liberté d’expression et de création, comme je respecte le travail de la presse. Mais la voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne.
Sur trois questions essentielles, l’Algérie, l’islam et la Palestine, je ne partage pas les positions de Kamel Daoud. Je le dis sans animosité.
Plus profondément encore, ce qui nous sépare, c’est le regard porté sur la douleur d’autrui. Mon métier m’a appris un principe simple : la douleur humaine, ça se respecte. Toutes les victimes méritent le respect de leurs souffrances, sans hiérarchie ni distinction, d’où qu’elles viennent.
Plus la parole est libre, plus elle engage la responsabilité. Les mémoires blessées appellent l’écoute, des mots justes et mesurés.
L’Algérie est mon pays. J’y ai été formée, j’y ai soigné et enseigné. Ses valeurs sont les miennes : la dignité, la solidarité, le respect des aînés et de la foi de chacun.
Il n’y a aucune haine en moi. Frantz Fanon, qui fut psychiatre en Algérie, l’écrivait dans Les Damnés de la terre : « la haine ne saurait constituer un programme ». Je choisis le respect des douleurs humaines.
Je me tiens à la disposition de la justice algérienne, avec mes avocats, dont Maître Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris (sans lien de parenté avec Kamel Daoud). Je refuse que d’autres voix s’expriment en mon nom. Je reste attachée à mon pays, à sa terre et à son peuple. Je ne renonce ni à moi-même, ni à ce en quoi je crois.
Dr Aïcha Dahdouh Médecin psychiatre
Contact : Maître Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris – 06 83 82 40 12