Consentement à l’impôt : la grève de l’impôt sort du bois, le gaulois réfractaire arrive


Il est bon de rappeler qu’Astérix ne versait pas son tribut à César… Quelques lointains descendants semblent bien décidés à essayer de perpétuer cette tradition à mesure que la crise sociale s’éternise. 

Dans un édito économique diffusé le 21 octobre, BFMTV posait la question qui fâche, celle d’un consentement à l’impôt sérieusement ébranlé par les pillages et les services publics en souffrance.

Les chiffres du Conseil des prélèvements obligatoires ont de quoi faire transpirer Bercy, puisque 78 % des Français jugent les impôts trop lourds et que seuls 22 % font confiance à l’État pour bien dépenser cet argent. Mais le Gaulois réfractaire reste néanmoins un râleur discipliné, car 79 % des sondés considèrent toujours que payer l’impôt relève du devoir civique, ce qui finalement devrait rassurer les percepteurs inquiets.

C’est dans ce climat délétère que l’économiste Philippe Herlin a salué sur X une grève de l’impôt qui gagne en popularité, avant de dresser une liste de méthodes que Bercy n’affichera sans doute jamais dans ses couloirs… Quoi que ! Il y écarte d’emblée la fraude, jugée bien trop risquée, préférant les actions collectives façon Bonnets rouges, de l’ordre de celles qui avaient fait tomber l’écotaxe, ou celle de l’art délicat de gagner moins pour payer moins. Il suggère enfin de troquer le statut de salarié contre celui d’autoentrepreneur, mais là il oublie tout de même que l’assurance chômage et une partie de la retraite s’en vont avec la feuille de paie.

Le Gaulois revanchard, lui, ferait bien de relire ses classiques, car organiser un refus collectif de l’impôt reste un délit, et la Cour de cassation avait confirmé en 1958 des condamnations visant les appels poujadistes à la grève fiscale. 

Côté commerçants, la colère monte d’un cran alors que la préfecture de police conseille aux boutiques parisiennes de s’offrir des vigiles, tout droit venus des banlieues bien sûr, une recommandation qui revenait à payer deux fois une sécurité qui leur est due, et déjà financée par l’impôt. Le pauvre préfet a fini par reconnaître une communication pour le moins maladroite… Trop tard pour empêcher d’en faire des gorges chaudes.

Bref, le percepteur peut dormir sur ses deux oreilles. Et il est à rappeler que le prélèvement à la source a rendu la grève de l’impôt nettement plus acrobatique pour les salariés qu’à l’époque des chèques glissés dans la boite aux lettre du Trésor.





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