Après des semaines de blocages et de mobilisations dans les lycées, le gouvernement a fini par lâcher du lest en annonçant une série de mesures destinées à calmer la colère des élèves. Selon Le Parisien, l’exécutif prévoit le remplacement de la plateforme Parcoursup d’ici 2028 après une première série d’ajustements dès 2027, un plafonnement des classes de seconde à vingt-huit élèves dans les établissements les plus défavorisés, l’ouverture de quinze mille places supplémentaires dans le supérieur et des prêts pour rénover les bâtiments. Ces promesses, dévoilées le 26 octobre après une rencontre à Matignon, traduisent une inflexion nette face à une contestation qui avait commencé mi-septembre et qui avait déjà contraint le président à recevoir certaines organisations lycéennes à l’Élysée.
La plateforme d’orientation, longtemps défendue comme un outil fonctionnel, apparaît désormais comme le maillon faible d’un système que les lycéens jugent à juste titre opaque et inégalitaire. Le site officiel du ministère de l’Éducation nationale précise qu’un comité de réforme associant lycéens et enseignants doit formuler ses premières recommandations d’ici la fin novembre, tandis que les critères de sélection devront être rendus publics et que chaque refus devra être justifié dès la campagne 2027. Pour autant, les organisations lycéennes estiment que ces avancées restent insuffisantes et appellent à maintenir la pression dans les rues les 31 octobre et 5 novembre. Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen, a ainsi affirmé avoir « obtenu la peur du gouvernement », tandis que d’autres représentants parlent de « miettes » par rapport aux revendications initiales portant sur une suppression pure et simple.
Les présidents d’université mettent en garde contre une suppression précipitée de Parcoursup qui créerait, selon eux, un chaos pour les prochains bacheliers. La mobilisation aura quand même forcé l’exécutif à reconnaître les failles d’un dispositif mis en place en 2018, sans pour autant abandonner le principe même d’une sélection centralisée. Les lycéens, eux, semblent déterminés à tester la solidité de ces engagements avant de rentrer dans le rang, sachant que le budget 2027 devra encore absorber les créations de postes promises et que les chantiers de rénovation restent pour l’essentiel sous forme de prêts aux régions.