Protestation de l’Iran devant le projet de résolution US sur le détroit d’Ormuz, par Seyed Abbas Araghchi



Je vous écris en référence au projet de résolution présenté par les États-Unis d’Amérique en partenariat avec le Royaume de Bahreïn, actuellement diffusé auprès des membres du Conseil de sécurité, au sujet de la situation dans le détroit d’Ormouz et aux alentours.

Il n’est guère surprenant que le projet de résolution omette d’aborder la cause profonde de la situation actuelle dans le détroit d’Ormouz, à savoir l’agression militaire menée par les États-Unis et le régime israélien contre la République islamique d’Iran. Y sont également passés sous silence les agissements illégaux auxquels les États-Unis ne cessent de se livrer, agissements qui portent atteinte à la liberté de navigation et compromettent la sécurité maritime dans une région située à des milliers de kilomètres des côtes américaines. On peut notamment citer le maintien d’un blocus naval ainsi que des actes d’agression illégaux, des attaques et des saisies de navires commerciaux et marchands iraniens, autant de faits qui contreviennent aux principes fondamentaux du droit international et violent le cessez-le-feu en vigueur.

En présentant ce projet de résolution, les auteurs ont décidé d’invoquer de manière sélective les dispositions du droit international, notamment celles relatives à la liberté de navigation. La gestion du détroit d’Ormouz et la définition de son cadre réglementaire relèvent de la prérogative légitime des États riverains. Toute intervention du Conseil de sécurité risque d’aggraver et de compliquer davantage la situation. S’il venait à être adopté, le projet de résolution porterait atteinte aux principes que l’Organisation des Nations Unies a toujours défendus, notamment le cadre juridique établi régissant la navigation, la sécurité maritime et les droits souverains des États riverains.

La guerre d’agression illégale imposée à l’Iran par les États-Unis et le régime israélien est la seule cause de la situation qui règne actuellement dans la région du golfe Persique. La communauté internationale, et en particulier les membres du Conseil de sécurité, doit empêcher toute instrumentalisation du Conseil par les agresseurs. Il est impératif de faire preuve de la plus grande vigilance afin de préserver le Conseil de toute modification involontaire de la portée ou de l’interprétation des règles et normes internationales qui pourrait servir à justifier le recours à la force ou à l’agression.

Les déclarations et actes hostiles qui continuent d’émaner des États-Unis, dont une initiative du Président actuellement suspendue qui appelait à une intervention militaire sous prétexte de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormouz, constituent des mesures d’escalade dans une région déjà instable. De telles initiatives révèlent clairement les intentions hypocrites de l’administration des États-Unis, qui a déjà déclenché une guerre d’agression dévastatrice dans la région du golfe Persique. Par leurs actes et leurs déclarations, les États-Unis ont toujours montré qu’ils privilégiaient les solutions militaires plutôt qu’un règlement pacifique de la crise.

Le fait de permettre aux États-Unis d’instrumentaliser le Conseil de sécurité pour remédier au désordre qu’ils ont eux-mêmes engendré, sans autorisation préalable du Conseil, voire à son insu, aura des conséquences désastreuses. Il convient d’empêcher le pays de se servir du Conseil pour légitimer ses agissements irresponsables. Compte tenu de ces considérations, je demande respectueusement aux membres du Conseil de sécurité d’adopter une position responsable en s’opposant au projet de résolution et en prévenant la création d’un précédent susceptible de compromettre l’intégrité et la crédibilité du Conseil.

Mon Gouvernement reste déterminé à engager un dialogue constructif avec tous les États Membres afin de garantir la sécurité de la navigation, de protéger les marins civils et de promouvoir la stabilité dans notre région – une région qui appartient de plein droit à ses peuples, libre de toute ingérence étrangère. Par ailleurs, lors des pourparlers tenus à Islamabad, l’Iran a proposé un retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d’Ormouz, à condition que la guerre cesse définitivement et que le blocus illégal et les sanctions qui lui sont imposés soient levés. Cette proposition est toujours sur la table. La solution consiste donc à ce que l’administration des États-Unis se conforme au droit international, au lieu de chercher à impliquer le Conseil de sécurité dans ses agissements illicites.



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