Un verdict lourd de conséquences vient de tomber au Palais du Luxembourg. En commission des Lois, plusieurs parlementaires ont balayé l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des enfants. Une décision révoltante prise au nom de notre « tradition juridique française ».
Pourtant, le traumatisme d’une agression subie pendant l’enfance ne s’efface jamais. L’amnésie traumatique et la peur paralysante bloquent la parole des victimes pendant des décennies. En fixant une limite stricte, la justice abandonne ceux qui brisent le silence trop tard. Si l’imprescriptibilité devait exister en droit c »est exactement pour ce cas de figure : protéger les plus faibles, les enfants. D’autant que les scandales sont très nombreux et touchent des millions de victimes (sans oublier le Net) !
Actuellement, le compteur tourne inexorablement. Une victime dispose de trente ans après sa majorité pour porter plainte. Passé l’âge de 48 ans, l’agresseur bénéficie d’une impunité totale. Ce verrou temporel protège davantage les bourreaux que les innocents. C’est un fait.

Face à ce blocage, les techniciens du droit invoquent la difficulté de rassembler des preuves tardives. Ils redoutent la multiplication des procès impossibles et des classements sans suite. Mais ce pragmatisme glacial piétine la souffrance à vie des enfants brisés. Ce sont des excuses stupides qui n’ont aucune réalité. Si il n’y a pas de preuves la justice relaxe. Point. Le cas contraire, même 46 ans après les faits, si le pédocriminel avoue, il doit être condamner ! Avec cette loi, l’ordure d’Olivier Duhamel serait en prison ! Et il n’est pas le seul, les Matzneff aussi et tant d’autres déchets de l’humanité qui ont été protégés par le système et qui sont aujourd’hui libres.
Il faut introduire l’imprescriptibilité dans le droit français
Heureusement, la bataille législative est loin d’être terminée. Le texte doit encore être débattu en séance publique dans l’Hémicycle avant son examen final. Les associations et les citoyens comptent bien faire entendre leur voix pour faire plier les juges. C’est le moment de bouger.
Le Sénat a supprimé l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs (notamment sexuels) en commission ! Au nom de notre « tradition judiciaire », askip…
Attention, le Sénat : on vous voit ! https://t.co/EQtvnlOn0I
— Jacques Renardiere (@JRenardiere) October 23, 2026
Il vous faut absolument lire La Pédocratie à la française est un essai d’enquête de Jacques Thomet (ancien journaliste AFP), publié en 2021, qui explique dans le détail comment une telle folie est possible. Il dénonce une omerta historique en France sur les viols d’enfants, qu’il qualifie de « pédocide ». Selon lui, un mineur sur dix est victime d’inceste et des millions d’adultes ont été abusés. Le livre explique ce silence par la cécité de l’État, l’impunité des élites et l’inertie de la justice et de la police. Il pointe des complicités (actives ou passives) dans les milieux politiques, artistiques et intellectuels.
Thomet cite des figures comme Matzneff, Mitterrand, Duhamel, Cohn-Bendit, Lang, Bergé ou Sartre. Il relie le phénomène à un héritage culturel (Sade, post-Mai 68) et à des affaires comme Outreau. Le sous-titre « La chute des intouchables » évoque la fin de la protection dont bénéficiaient certaines personnalités. L’ouvrage repose sur dix années d’enquêtes et des témoignages accablants, c’est une radiographie polémique d’un système d’impunité plutôt qu’un simple catalogue d’affaires. Et ce système commence par le législateur qu’il soit au Sénat ou à l’Assemblée…