Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, rejette l’idée d’un échange Iran/Ukraine » avec les États-Unis



Dmitri Medvedev, interrogé, le 3 octobre 2026, par l’IRIB.

Lors de sa remarquable intervention au Valdai Club, le président russe Vladimir Poutine a provoqué un choc, avec son éloge de l’Iran à un moment où le monde « est stupéfait » (sic) par leur courage, leur héroïsme et leur résilience ». Il a aussi rendu hommage aux chefs de l’armée et aux Gardiens de la Révolution islamique, « prêts à se sacrifier pour leur peuple ». Il a évoqué en termes « d’énorme erreur » l’assassinat d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité, le 17 mars 2026 [1].

Deux jours après les dithyrambes de Poutine en faveur de l’Iran, l’actuel vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, se voyait interviewé par la télévision iranienne IRIB [2]. À la question expresse de l’intervieweur iranien sur un échange hypothétique Ukraine / Iran, entre les États-Unis et la Russie — une idée qui rôde chez bien des esprits spéculatifs dans le pays perse — Dimitri Medvedev a répondu catégoriquement : « Nous ne sacrifierons jamais nos relations avec la République islamique d’Iran, peu importe qui nous le demande. Nous sommes des partenaires stratégiques et nous le resterons toujours. »

Il a souligné que les relations entre la Russie et l’Iran ont atteint un niveau « sans précédent » et a rappelé que les deux pays « ont renforcé leur coopération après la signature du traité de partenariat stratégique en 2025 ». Puis il a assimilé la prise du détroit d’Ormuz à « la bombe thermonucléaire iranienne » et a donné toute leur importance au corridor Nord-Sud et au projet ferroviaire Rest-Astara [3], ainsi qu’à la construction de la centrale nucléaire « Busher ».

Il a rappelé l’appartenance de l’Iran à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et aux BRICS, ainsi que sa présence en tant qu’observateur auprès de l’Union économique eurasienne, afin de « créer un monde multipolaire ». Le « partenariat stratégique Russie-Iran » allusif ne contient pas du tout une « alliance militaire » complète que, soit dit en passant, l’Iran ne souhaite pas encore : car l’Iran la considère inutile et superflue, en raison de son désir sensible de préserver son indépendance et une plus grande manœuvrabilité géopolitique.

La guerre de désinformation et de propagande de « l’Occident », qui contrôle principalement les multimédia dépendants du lobby israélien omnipotent, tend à personnaliser le pouvoir du Kremlin dans la figure omniprésente du président Poutine, ignorant le fait que, selon le consultant militaire russe Andreï Martianov, le véritable pouvoir de la Russie réside dans son Conseil de sécurité, dont Poutine est le patron et Dimitri Medvedev le vice-président. Celui-ci a aussi été président de la Russie, et avec Poutine, tous deux appartiennent au puissant groupe compact de Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard si Dimitri Medvedev a assisté au nom de la Russie aux funérailles imposantes du chef suprême l’ayatollah Ali Khamenei, assassiné par Israël le 28 février 2026. Dévoilons ici les gros titres de RT et Almayadeen, un journal libanais très proche du Hezbollah et de l’Iran.

RT : Medvedev : « Nous ne sacrifierons jamais nos relations avec l’Iran, peu importe qui nous le demande” ; et Almayadeen : « L’attaque états-unienne contre l’Iran a mal tourné pour Washington », déclare Medvedev. Vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev a déclaré : L’attaque US contre l’Iran a fait un tort considérable aux contribuables états-uniens et devrait inciter Washington à entamer des négociations”.

Selon RT, la Chine a statué que « l’Iran dispose d’un droit légitime à un programme nucléaire civil. La responsabilité de l’impasse concernant le programme nucléaire de Téhéran incombe aux États-Unis, au Royaume-Uni, à l’Allemagne et à la France, a déclaré Beijing : l’Iran a le droit de mettre en œuvre un programme nucléaire pacifique dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Le représentant permanent de la Chine auprès de l’ONU, Sun Lei, a fait lune déclaration en ce sens à l’Assemblée générale”. Mon humble hypothèse, s’il devait y avoir un troc entre la Russie et les États-Unis, serait plutôt celui de l’Ukraine contre l’Amérique latine. C’est-à-dire, entre les perdants sur l’échiquier géopolitique mondial. À ce stade, l’Iran n’est pas négociable, pour la Russie ou pour la Chine.



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